phane

15 avril 2010

La bête est perdue, tout est dégoût. Bourrée d’angoisse et de douleur elle s’égare. Son petit se nourrit de cette  gangrène, il croît.

Mais à quoi bon?

11 avril 2010

10 avril 2010

La bête oppressée, acculée a quitté son terrier. Elle a trouvé un autre refuge, elle ne s’y fait pas. Éloignée de ce qui la rassurait, déstabilisée arrachée à son nid elle tourne en rond. Son cerveau de bête cherche une paix primitive, loin de toutes ces préoccupations, de toutes ces tergiversations cérébrales!

Son petit va mal. L’avenir se noircit. Elle le sent tellement peu bouger en elle qu’elle en viendrait en l’oublier. Elle qui prenait tant soin de lui. Elle qui le nourrissait de sa soif d’avancer et de créer. Abandonné par son propre sang le petit ne se bat pas, il se laisse glisser dans le néant.

La bête se force à continuer d’en dessiner les contours, elle sait que si elle le laisse de coté il s’éteindra. Il lui serait pourtant tellement plus simple de laisser ses angoisses la dévorer et de laisser ce foutu temps passer sans bouger, de se laisser glisser dans cette gorge maline sans se débattre. Elle a souvent l’envie de tout laisser tomber mais elle résiste encore.

douleur

10 mars 2010

La bête est en colère, la bête a la rage. Elle bave, souffle, grogne. De ses lèvres s’écoulent le fluide brulant de sa rancœur. Elle a eu peur, son cœur bat encore trés vite, trop vite.

Elle se terre, se cache, essaie de sentir à l’abri mais l’impression que son angoisse durera toujours l ‘étrangle. Elle suffoque. Où est l’issue?

10 mars 2010

Toile de Lucian FREUD, fils du célébre psy. C’est aujourd’hui l’artiste vivant le plus cher du monde.

Le ventre de la bête s’arrondi fièrement. Les choses deviennent concrétes, le petit fait bel et bien partie de sa vie. Elle le chérit son foetus, elle lui parle en même temps qu’elle le modéle. Il grandit en elle, il grandit d’elle.

La bête fait des efforts, il se nourrit de ses trouvailles, de ses démarches, de son energie et de son temps. Les choses avancent. La vie gagne du chemin dans le corps inachevé du petit monstre.

Triste enfant

3 mars 2010

Regarde triste enfant, petite mort douce

Le delice de l’etouffer sur la mousse

2 mars 2010

LA bête est emmêlée, dans ses sentiments, dans son avenir dans son chez elle. L’angoisse ronge petit à petit chaque parcelle de son corps. Empétré dans ses choix et son devenir, ses doigts saignent à force de creuser, frotter et gratter des lendemains trop mornes.

Surveillance

27 février 2010

La bête se porte bien, son petit grandit. La bête produit, la bête construit.

Elle travaille dur, son embryon est chronophage, il dévore tout sur son passage, les aiguilles, le temps, le tic-tac, les petits chiffres doré et le fond coloré, les petits engrenages et les secondes. Mais elle dit qu’il travaille.

Elle est fiére de lui et le façonne à son image. Chaque visite est un petit souffle de vie inoculé. Souhaitons longue vie à cet amas de cellules HTML.

gestation……

26 février 2010

Les gamètes se sont rencontrés. Une idée, un embryon, un projet, une petite impulsion électrique.  Quelques cellules artistiques qui se mettent à battre ensemble au son du même tambour, de la même ambition.

La bête est pleine.  Elle peaufine son petit, se demande quel futur elle va lui donner, le laisse croître et se nourrir de son inspiration. Comme une éraflure, une plaie ouverte, il laissera le monde voir dans son art, dans sa bulle macabre.

Vivra-t-il?


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